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  • Marche ou crève!

    Depuis cinq ans, c’est la vie du Village du 115 Du Particulier…
    Cette communauté de Sans Abri…
    Un endroit qui « n’existe » pas vraiment sur les tablettes sociales, celles du monde…
    Un autre monde presque…
    En résistance…

    En autarcie, aussi, par la force des choses…
    Dans un concept auto-géré…
    Parce qu’à force de vivre sans réel mode d’emploi social viable et dans cette incommunicabilité que le matérialisme impose dans sa course où l’humain a de moins en moins de place, on ne peut que verser dans l’exclusion, la marge et la réaction si on veut survivre !

    Oui, ce n’est plus de la vie, mais de l’instinct de survie…
    Alors livré à soi-même, il n’y a pas trente six solutions : C’est marche ou crève !
    Car la misère, quand tu la prends dans la tronche, elle ne tergiverse jamais !
    Elle frappe sans pitié !

    Pas d’autre choix possible si tu veux connaître un lendemain…
    Et puis en conscience, n’ayant rien, qu’aurait-on de plus à perdre ?
    Pourquoi continuer à courir après « des modèles sociaux d’insertion inaccessible » eux mêmes en situation d’échec, tendant à planifier le no-futur de notre propre équilibre, de notre propre avenir ?
    A moins d’être maso, pourquoi continuer à se cogner la tête contre des portes irrémédiablement closes par l’égoïsme qu’engendre la « surconsommation » aveugle et sourde des autres ?

    Où est l’intérêt d’y vivre plus longtemps por y crever sans réagir ?
    Pourquoi se traîner à longueur de vie des gamelles sociales, familiales, professionnelles qui rognent l’espoir d’un demain plus paisible ?
    Le contraire de l’égoïsme reste le partage et il ne peut disparaître que par une solidarité raisonnée.
    L’Abbé le disait et je ne fais qu’en être l’écho à travers le 115 DP…
    Pas de compteur d’eau, ni électrique, sans boîte aux lettres accrochée au sac à dos, sans repère qui rattache à la norme…
    Privés de reconnaissance sociale, on s’est pris par la main et on a créé un lieu où on existe à nouveau : Le village… NOTRE VILLAGE !
    Et puis pourquoi continuer à prendre des rendez-vous superflus avec le système, soient les factures du proxénétisme social légalisé alors que tu ne sais pas où bouffer, ni même où dormir ?… Ces factures qui sont issues de besoins artificiels liés aux dépendances sociétales , ces drogues imposées d’état, la norme quoi !…
    Un SDF sur quatre bosse et dort dans une cave ou dans une bagnole !
    Elle est où la justice sociale, là ?

    J’affirme que l’autarcie est une réponse, pas la réponse, même si elle engage une « démerde » qui verse dans des techniques maquisardes… Récupe’, recyclage, micro élevage, jardin…
    A la finale, on ne coûte toujours pas une thune à la collectivité puisqu’on mange grâce aux poubelles des supermarchés !
    On ne vit pas des restes, mais des rebuts, un peu comme on nous « classe »…
    C’est donc une histoire logique qui ne déborde pas de son cadre…
    ON NE DOIT RIEN !

    Quelque part, c’est de la légitime défense pour que vive l’auto assistance à personnes mises en danger…
    Calée en mode survie qui se libère peu à peu du joug matérialiste, ELLE a la chance d’avoir son endroit à elle…
    Et la preuve que cela est accessible !
    Que cela n’arrive pas qu’aux autres !
    Il suffit d’en chasser le doute !

    L’homme a trop besoin de s’exprimer pour exister, pas de se taire !
    Il n’est pas né pour mourir socialement !
    Crever dans l’anonymat, d’accord, mais debout !
    C’est une façon de découvrir qui on est vraiment puisqu’on se surprend enfin à laisser parler l’ humain, le vrai, celui qui ne coûte pas grand chose et qui forge les rapports authentiques parce que le coeur se libère ENFIN de chaînes inutiles quoi…
    C’est bon d’être soi, de s’appartenir et de ne plus porter des costumes jamais à sa taille, trop étriqué ou trop large, ceux qui mettent mal à l’aise la plupart du temps et qui interdisent toute considération pour l’autre, ceux qui se plient aux regards de l’égoïsme, ce diktat « étrangement » étranger de son propre regard.
    Juste un costard à sa taille, celui qui ne rentre que dans une case : La sienne, pas celle du voisin, ni plus ni moins, soit sa place.

    Un costard qui, rappelons le encore et encore avec détermination, demande à chaque instant des efforts de cohérence et qui ne peut pas compromettre son devenir dans l’alcool ou la came sans risquer de continuer à vivre dans la fuite et l’assistanat. Sans investissement personnel, rien n’est possible.
    Et puis, entre le festif occasionnel qui réunit des potes de temps en temps et la dépendance de tous les jours liée à la consommation de produits « illicites et chers », il y a une frontière qui n’est pas toujours visible quand on verse quotidiennement dans un monde artificiel, faute d’être conscient des réalités de la vie, et en l’occurrence de cette misère qui ne fait jamais de détail quand elle s’abat sur l’homme.

    C’est pourquoi notre Village ne sera jamais un ghetto et se mettra à l’abri de ceux qui n’ont pas la volonté de se reconstruire.
    Dans notre Village, on ne se contente pas d’y REVIVRE avec trois fois rien…
    Parce que avec ce trois fois rien, on trouve TOUJOURS le moyen d’en redistribuer !
    Oui, les gens de ce village maraudent à leur tour, s’organisent pour soutenir les plus démunis en offrant la soupe, des fringues, des abris…
    L’essentiel…
    Partage…
    Solidarité…
    Avec Vous et grâce à Vous
    Brann du Senon

    (Pour aggrandir la photo, cliquez dessus)

  • Sans destin fixe, mode d’emploi!

    Lorsque l’on est bien calé dans son quotidien, le sans abrisme n’a rien de prioritaire dans l’esprit des gens et on vit à côté sans vraiment le voir… Il y a bel et bien une logique à cela… D’un côté, les engagements sociaux des uns et des autres, le boulot, les contraintes matérielles assujetties à la régularité des salaires, les devoirs familiaux… finissent par ne laisser que très peu de place dans nos vies de tous les jours pour autre chose…

    D’un autre côté, « les égoïsmes » qui en découlent, en deviennent presque légitimés et sont passablement entretenus par une politique sociale saisonnière que les médias relaient en l’absence de « sensationnel »…
    S’ajoute à cela les enrobages populistes et les jugements avinés qui parfument si bien l’exclusion quand il n’y a rien d’autre à faire que démissionner…

    Ainsi va la loi du mépris qui encense le système : Faire l’autruche !…
    En somme, un clodo, ça n’a le droit de citer qu’en hiver.
    Mais qu’en est-il le reste du temps ?
    Qui, en réalité, se soucierait que l’exclu n’a pas le même calendrier qu’un pékin inséré dans le mouv’ social ?
    Évidemment, un clodo, ça ne rapporte rien à la collectivité…
    Ça coûte du RSA !

    C’est vrai qu’avec 500 balles, c’est le bonheur qui frappe à la lourde…
    Sauf qu’un clodo reste un homme à part entière et sa misère n’a pas vraiment de trève, avec ou sans RSA…
    L’hiver, c’est toute l’année !…
    Le dernier rapport 2016 de la fondation Abbé Pierre dénombrait 894 500 personnes privées de domicile personnel, soit des gens qui n’ont pas de toit à eux ou plus communément appelés Sans Domicile Fixe puisqu’ils n’ont pas de boite aux lettres (fiscale) rivée sur le sac à dos…*

    A savoir que ce chiffre ne peut être qu’approximatif, étant donné qu’il s’agit là de personnes ayant eu accès aux services sociaux, exclusivement et qui par le fait, ont laissé des traces administratives. la réalité en est toute autre… Le double peut être ?… En effet, comment recenser avec précision CEUX qui ne font pas appel aux services sociaux et ce pour « X » raisons ? (Méconnaissance du droit au logement, méfiance administrative, lenteur, découragement par exemple…)
    En parallèle, en janvier 2014, l’INSEE recensait 2 640 000 logements vacants en France. Certes, tous ces logements vides ne le sont pas toujours pour les mêmes raisons : immobilisme financier, insalubrité, etc…**
    Au vu de ces chiffres livrés brut de pomme en pâture médiatique et qui révèlent néanmoins un sérieux malaise social, comment ne pas se surprendre à se demander pourquoi le Sans Abrisme existe ?

    Oui, comment ne pas être amené à faire un calcul sommaire qui induirait cette réflexion ?
    Prenons ces 2 640 000 logements VIDES divisés par les 894 500 personnes privées de domicile personnel…
    Cela donne un peu plus de TROIS possibilités de logement par individu !
    Force est de constater que ce résultat suscite comme un arrière goût d’injustice sociale et laisse entendre que le sans abrisme n’est pas le fait du simple manque de logement !

    Un constat qui n’en reste pas moins antinomique aux règles républicaines, notamment le Droit Au Logement Opposable (DALO) instauré par la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007*** et les articles L.345 2-2 et L.345 2-3 du Code de l’action sociale et des familles ****
    Entre autres, puisqu’il existe aussi tout un dispositif juridique concernant la réquisition de logements vides*****
    Par conséquent, si ces lois étaient observées comme il se doit, il n’y aurait pas de SDF dans nos rues.
    Alors pourquoi les pouvoirs publics et les élus ont ils toute latitude de ne pas observer la législation française en matière de droit au logement, et ce en toute impunité apparemment, puisque cette situation perdure au rythme des inégalités qui s’accroient ?
    A qui peut bien profiter cette situation qui prive quelques 894 500 personnes de dignité citoyenne ?
    Car il s’agit bien de dignité citoyenne quand un être est privé de toit… L’hygiène devient aléatoire, le repos, la stabilité sociale en somme, soit le droit à la vie normale, équilibrée…

    Rappelons ici les dispositions de l’article 25 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme :
    “Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité et que l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme
    Article 25. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.”
    Cette déclaration qui fait partie intégrante du bloc de constitutionnalité français ! Et dont la France cherche à s’écarter au nom d’un état d’urgence… Mais quelle France le souhaite ?…******

    Quelles prérogatives peuvent alors autoriser les pouvoirs publics et les élus de mépriser les fondements mêmes de la constitution française ?

    L’Etat est donc HORS LA LOI en se plaçant au dessus des lois qu’il impose aux citoyens !
    AU NOM DE QUOI CETTE INJUSTICE SE BANALISE ?
    Serait-ce au nom du Peuple Français que l’on réprime pourtant à la moindre infraction ?
    Que comprendre ?
    Brann

    *http://www.fondation-abbe-pierre.fr/21e-rapport-etat-mal-lo…
    **http://www.francetvinfo.fr/…/2-6-millions-de-logements-vaca…
    ***http://invalid.invalid/
    ****http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do…
    *****http://www.adil31.org/…/Adi…/publications_pdf/log_vacant.pdf
    ******http://fr.wikipedia.org/wiki/Bloc_de_constitutionnalit%C3%A9

  • Nouvel appel urgent à l’évidence!

    CAR C’EST A NOUS DE PARTAGER !
    ET PARCE QUE L’HIVER, C’EST TOUTE L’ANNÉE QUAND ON EST A LA RUE…

    Vous êtes de plus en plus nombreux à répondre à cet élan de solidarité envers les Sans Abri que le 115 Du Particulier porte depuis cinq ans et je ne vous en remercierais jamais assez… Car le partage prend ici toute sa force et ça, c’est tout simplement merveilleux !
    Depuis cinq ans, nous multiplions les formes de communication pour informer le plus grand nombre de nos actions afin de démontrer que tout est possible, la preuve :
    VOUS ETES prés de 19 000 citoyens à être là POUR NOS POTES DE LA RUE !

    Aujourd’hui, plus qu’hier, il nous faut répondre à leur détresse pour que nos rues ne se transforment pas en morgue…
    N’oublions pas que 6730 Sans Abri y ont trouvé la mort en trois ans en France…
    Il faut que le partage que nous proposons « arrive » à destination, plus qu’hier encore avec cette exclusion qui n’en finit pas de grossir et il nous faut remettre un coup de collier en matière de communication pour que les laissés pour compte sachent que nous sommes là pour EUX.

    C’est l’unique moyen de briser l’isolement dans lequel ils s’enferment et que nous les enfermons avec nos égoïsmes sociaux…
    C’est donc devant cette urgence PERMANENTE que je lance un nouvel appel :
    Nous vous proposons d’imprimer ces petits flyers et de les distribuer à tous les Sans Abri que vous croiserez, histoire de les informer que des solutions de mise à l’abri existent.

    N’hésitez pas à les déposer en mairie, dans les commissariats, dans les gendarmeries, dans les urgences des hôpitaux, les coller en vitrine ou à en mettre dans les commerces, partout où nous les croisons…
    Tous les SDF n’ont pas de téléphone, ni même internet, or c’est bien à nous de leur faire savoir que nous sommes là pour eux et de relayer leur EXISTENCE.

    Au besoin, relayez leurs besoins sur nos supports :
    Standard du 115 Du Particulier : 06 67 12 61 81

    Sur nos pages Facebook

    Sur notre site national : www.le115duparticulier.fr

    Multipliez les initiatives spontanées de maraudes citoyennes !
    Un bol de soupe chaude à partager a beaucoup plus d’impact que n’importe quel discours :
    IL REDONNE VIE !…

    Un bout d’écharpe ou de pull oublié dans un placard aura plus de chaleur à donner à celui qui n’a que le ciel pour maison…
    N’oubliez pas :
    Ce n’est pas la grosseur du geste qui compte, mais bien le geste partagé qui compte vraiment…
    Merci d’exister !

    Bisou sur le coeur

    Brann du Senon

    PS : Pour les flyers, c’est pas compliqué…
    On copie, on coupe et on distribue sans modération !
    Si tout le monde en distribue une poignée…

    Pour télécharger le fichier en taille originale, cliquez dessus

  • Coup de main

    à la Famille MASSON.

    Un Vendredi d’avril, 17 heures, voici trois ans…
    Nous recevons un coup de fil de Madame MASSON :
    « Je vous téléphone de la part de la Croix Rouge Française de Nemours
    qui pense que vous pourriez nous aider…
    La maison de mon fils à brûler, avant hier et il ne reste rien.
    N’ayant pas de place chez nous, il dort par terre sur la paillasse
    des chiens !

    Est-ce que vous auriez une caravane à nous vendre ? »
    Deux heures plus tard, nous déposions une caravane pour que
    Jean Pierre retrouve un lit !

    Mais quand nous sommes arrivés, le temps n’avait pas d’influence
    sur les gens qui vivaient là, ni même l’endroit qui, comme figé,
    nous transportait au siècle dernier, début des années soixante,
    dans les bidonvilles de Villeneuve Prairie…
    Comme là d’où je…

    Tout y était… Les fenêtres rafistolées avec un bout de plastique…
    Les bouts planches et de ferraille assemblés par la détresse…
    Les morceaux de vie qui traînent de part et d’autres…
    Les pelures de légumes balancés aux quatre poules…
    Une bille de bois dessinée à la hache…
    Des bouteilles vides d’un vin ordinaire qui pique probablement la gorge…
    Sans électricité…

    En fait, EDF ne veut pas raccorder ces citoyens, sous prétexte que
    leur « maison » est placée sous une ligne haute tension !
    Mais on vit où on peut, pauvres cons de chez EDF !
    Un vieux gars de 38 ans, le Jean Pierre, simple…
    Tellement simple qu’il ne sait même pas comment on fait
    pour toucher le RSA…

    Et le père, en retraite agricole, qui attend désespérément le complément
    et qui fait avec 400 balles par mois…
    Et cette femme engoncée dans une blouse maculée qui se perd
    en excuse de ne rien pouvoir nous offrir à boire…
    Et traînant la mule trouée, la voilà qui nous tend une poignée
    de billets pour nous remercier !…

    « Gardez vos sous, Madame… »

    Au moment de partir, Jean-Pierre caresse la tête de son chien
    et lui dit : « Tu vas pouvoir dormir au chaud cette nuit… »
    Pour la plupart des gars qui m’accompagnaient, alors qu’ils ont
    connu la rue…, Peu avaient touché la misère comme ça, d’aussi prés…
    Ça claque au 21 ème siècle !

    Un bidonville à même pas 800 mètres des plus belles maisons de
    Seine et Marne, dans la vallée du Lunain et ce, sans que cela étouffe
    ou dérange la bourgeoisie qui les occupe, trop soucieux de remplir
    leur quotidien par l’égoïsme et l’individualisme !
    Des enfoirés qui passent tous les jours devant dans l’indifférence générale,
    par mépris de toute évidence !
    Au nom de ces petites gens !

    Le 115 Du Particulier doit se battre
    pour que l’égalité des chances existe pour eux aussi,
    car au même titre que ces ordures de bourges,
    ces êtres humains ont droit à la dignité citoyenne !
    Il s’agit d’un dû républicain !
    Brann du Senon

  • Plus de quatre ans et demi, déjà…

    LA MISÈRE SE CONJUGUE PAR TOUS LES TEMPS !!!

    Voici quelques mois, notre Village accueillait Patrick R, 51 ans, Sans abri depuis trois ans.
    Trois ans d’errance, de détresse morale et de barrières sociales qui ont fini par le désocialiser jusqu’à l’exclusion…
    Trois ans d’accueil « au gré des disponibilités» en centres d’hébergement d’urgence, soit au petit bonheur la chance, et toujours en dépit des intempéries et ce en alternance avec le quai d’une gare, une cage d’escalier, un abri de bus ou une cave !…,
    Trois ans à appeler, chaque soir, le 115 National tout en sachant que 75 % des appels reçus par cet organisme restent sans réponse…
    Trois ans sans pouvoir se projeter faute d’avoir l’esprit suffisamment dégagée de ces questions récurrentes du savoir où dormir et du savoir où manger ?

    Des questions sans réponse qui interdisent à tout citoyen d’entamer de façon pérenne des démarches locatives ou d’emploi…
    D’autant plus que les centres sont fermés en fin de trêve hivernale…
    Donc structure d’urgence inexistante.
    Et quand bien même il en existerait, où peut-on être informé PUBLIQUEMENT de certaines disponibilités ?
    Aucun affichage municipal et public ne va en ce sens, en FRANCE !!!
    Au Village du 115 Du Particulier, lieu de transition où le temps appartient au temps et où la « MISE A L’ABRI » répond à une ASSISTANCE A PERSONNE EN DANGER qui se matérialise réellement au delà des mots !
    Là où l’humain essaye de se reconstruire à travers un schéma CONCRET et dépouillé de tout formalisme imposé d’ETAT en matière d’urgence !
    Là où la DIGNITÉ CITOYENNE reprend instantanément SES DROITS !
    Le temps de retrouver « certains repères » de vie et nous voilà accompagnant Patrick dans « sa » reconnaissance administrative…
    N’ayant plus aucune archive papier inhérente à son passé social ou à son identité, la tâche n’est pas simple…

    -14/05 : Domiciliation au CCAS de Nemours et ce, malgré l’absence de carte d’identité
    -14/05 : Tentative de déclaration de perte de papiers d’identité au Commissariat de Nemours (refusée faute de pouvoir produire un extrait de naissance…)
    -15/05 : Demande d’extrait de naissance par internet
    -22/05 : Réception de l’extrait de naissance
    -22/05 : Déclaration de perte de papiers d’identité auprès du commissariat de Nemours
    -22/05 : Démarche auprès de la caisse d’assurance maladie de Nemours pour obtenir une attestation de couverture sociale. REFUSÉE faute de pièce d’identité, malgré la production de son numéro de sécu et de l’extrait de naissance.
    -22/05 : Prise de contact avec le centre d’insertion social de Nemours en vue d’une ouverture de droits au RSA. RDV le 28/05 à 8h30
    -27/05 : Collecte au Village pour permettre à Patrick de faire des photos d’identité et s’acheter un timbre fiscal à 25 euros pour refaire sa carte d’identité.
    -28/05 : Présentation au RDV du CIS de Nemours pour s’entendre dire que ce n’était pas sous cette enseigne, mais sous celle du CCAS qu’il fallait effectuer les démarches RSA
    -28/05 : RDV pris au CCAS pour le 08/06 à 10h30
    -28/05 : Démarche auprès de Sous préfecture de Fontainebleau pour la délivrance de son duplicata de permis de conduire. Pièces à fournir : Déclaration de perte, deux photos d’identité, attestation de domicile et…pièce d’identité ! (deux mois de délai de CNI + le délai de délivrance de permis!?)
    -01/06 : Demande de carte nationale d’identité à la Mairie de Nemours (Deux mois environ!)
    -08/06 : RDV au CCAS avec l’assistante sociale qui précise les pièces à fournir pour l’ouverture aux droits du RSA : Pièce d’identité, attestation de domicile (CCAS…), Relevé d’identité bancaire et attestation sécu…(deux mois de délai, puisqu’il faut la CNI pour l’obtenir!)
    -11/06 : Tentative d’ouverture de compte en banque à la Poste, impossible sans production de CNI.
    A savoir que notre Village du 115 Du Particulier, initiative reposant exclusivement sur la « générosité » de citoyens, se trouve à 17 kilomètres de Nemours et n’est pas desservi par des transports en commun réguliers. Donc on se débrouille avec cette solidarité AUTO-GÉRÉE et ses frais d’essence !

    Le cas de Patrick n’est hélas pas un cas isolé…
    Voici prés de quatre ans que le 115 Du Particulier « aide à ces retours à la dignité citoyenne » et ce, HORS SYSTÈME !
    Les principales questions qui nous sautent à la tronche sont :
    Si le 115 Du Particulier n’existait pas, où Patrick pourrait-il manger sans commettre d’infraction ?
    En mendiant ?
    En fouillant les poubelles ?
    Au risque de se faire emballer par la police municipale ?
    En se livrant à quelques grivèleries pouvant entraîner son incarcération ?
    Devrait-il attendre un minimum de CINQ mois (deux mois de délais de CNI + le délai BIEN inconnu de reconnaissance de droits) pour percevoir le RSA pour enfin REPUBLIQUEMENT pouvoir casser la croûte ?
    Combien de temps lui faudra-t’il attendre pour se laver ?
    Pour dormir au « sec »?
    Attendre peut être, l’hiver prochain, la réouverture des centres d’hébergement d’urgence ?
    Que doit-on faire pendant ce temps là ?
    Laisser crever Patrick et se livrer à une non assistance à personne mise en danger par BÊTISE ADMINISTRATIVE ET MÉPRIS SOCIAL ?
    EST-CE A CELA QUE SERVENT NOS IMPÔTS ?
    SOIT A ENTRETENIR L’EXCLUSION ET CULTIVER LES LAISSER POUR COMPTE !!!
    Faut-il préciser ici que Patrick a cotisé pendant ses 29 ans de travail ?
    Que le marché du travail pour les seniors est sur la position « perdu de vue » ?

    Au delà des blablas politiques,
    NOUS EXIGEONS UNE RÉPONSE IMMÉDIATE DE LA COLLECTIVITÉ ET DE SON EXÉCUTIF !
    LA FAIM DE CITOYENS N’ATTEND PAS,
    IL S’AGIT D’UN DROIT DE VIE !!!
    DE NOS VIES !

    RAPPEL :
    Déclaration universelle des droits de l’homme
    Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité et que l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme
    Article 25
    1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
    Patrick est aujourd’hui le coordinateur des distributions alimentaires de notre communauté.
    Brann du Senon